ElectromindLes questions qui se posent après l'arrêt et les incidents du festival
LIRE AUSSI
Heurts entre les festivaliers et la sécurité
LES FAITS
Un orage a contraint les organisateurs à stopper le festival.
Des heurts violents
ont ensuite éclaté 1 Pourquoi la décision d'arrêter a-t-elle été si vite prise ?
La sécurité des artistes et des techniciens était menacée en raison de la pluie qui est tombée pendant une demi-heure. « On ne pouvait pas prendre de risque, il fallait arrêter », répondent les organisateurs. Le violent orage qui s'est abattu sur la ville vers 4 h leur a donné raison.
2 Pourquoi, alors que la météo annonçait des orages, un plan B n'a-t-il pas été envisagé ?
Beaucoup de festivaliers, notamment ceux venant d'autres régions de France, n'ont pas compris pourquoi une demi-heure de pluie, "seulement", a mis fin à la soirée. Et pourquoi l'organisation n'a pas anticipé l'orage
et prévu des bâches par exemple, comme dans d'autres festivals, les accusant d'amateurisme. « C'est tout le système électrique qui était menacé, des bâches n'auraient préservé que les platines. Couvrir les quatre scènes, ça coûte 100 à 150 000 ¤, soit 10 ¤ de plus sur le ticket d'entrée. On n'a pas fait ce choix, ici on est à Montpellier pas à Belfort », justifie l'organisation.
3 Pourquoi la fin du festival a tourné au chaos sur le site ?
Des dizaines de fêtards furieux que la musique s'arrête ont commencé à encercler le carré VIP et à taper sur les comptoirs métalliques des bars, de plus en plus fort, jusqu'à en faire céder un, entraînant l'intervention musclée de la sécurité qui a gazé et porté des coups à plusieurs festivaliers pour les faire reculer. Une attitude que certains ont jugée disproportionnée et qui a, en tout cas, envenimé la situation : des dizaines de jeunes se sont transformés en vandales et en pilleurs, saccageant les bars et le carré VIP, sur lequel ils ont jeté des bouteilles volées et des pierres... Après quelques minutes de panique, le calme est revenu sur le site, la police faisant procéder à l'évacuation. « C'est un miracle que l'on n'ait pas eu de blessé grave, nos bénévoles qui étaient encerclés, ont reçu des bouteilles et des pierres, ils ont vraiment eu peur. Je comprends la déception des gens, mais s'en prendre à l'organisation ! On n'est pas responsable de ce qui s'est passé, des fauteurs de troubles ont entraîné les autres, même si on aurait dû envoyer la sécu en amont, avant d'annoncer la fin », concède l'organisateur.
4 Pourquoi la fin du festival a tourné à l'affrontement à l'extérieur ?
L'arrêt des festivités est intervenu à un moment critique, avant 23 h, alors que des milliers de personnes se pressaient aux portes d'entrée. « L'annonce de l'annulation a été faite, mais beaucoup n'ont pas accepté l'arrêt de la musique, ils ont voulu entrer quand même, on était là pour les en empêcher, décrypte-on au commissariat. Et puis il y a un noyau dur qui a mal réagi et qui a fédéré le millier de personnes qui était devant, plus ceux qui sortaient du site énervés... Et on a reçu de tout, des pierres, des bouteilles de champagnes volées et vidées. Et puis il fallait aussi protéger ceux qui avaient compris qu'ils devaient partir, la grande majorité... » Bref, outre la compagnie départementale d'intervention, les forces de l'ordre ont fait intervenir une compagnie de CRS (85 personnes). Les policiers, dont dix ont été légèrement blessés, ont répliqué avec des gaz et des grenades lacrymogènes et utilisé aussi pour certains leur flash-ball. Le calme est revenu vers 2 h 30. Environ 30 jeunes ont été victimes de blessures bénignes. Aucune garde-à-vue n'a été effectuée, les forces de l'ordre préférant neutraliser les plus virulents, avant de les expulser de Grammont. « Au final, ça s'est terminé pas trop mal pour nous et pour eux, il y a eu beaucoup de chance », commente un policier. 5 Comment les billets vont-ils être remboursés ?
Même si tout le monde ne l'a pas entendu, les organisateurs ont promis dès l'annonce de l'arrêt d'Électr omind, que les tickets allaient être remboursés. « Toutes les modalités seront sur le site (1), les gens peuvent aussi nous contacter et les places préachetées seront remboursées dans les points de vente. » 6 Électromind 2010 se tiendra-t-il à Grammont ?
« Rendez-vous l'année prochaine », ont annoncé, samedi soir, les organisateurs, après que leur boulot d'une année a été réduit à néant. Hier, leur position était plus nuancée : « C'est trop tôt pour le dire. Il nous faut du recul, c'est vraiment une minorité de casseurs qui a tout gâché. Il faut qu'on revoie tout le monde, mairie, police, préfecture, pour voir comment améliorer les choses. Mais c'est sûr qu'il faudra plus de sécurité et j'espère que la mairie nous soutiendra. » Contacté, Michaël Delafosse, l'adjoint à la culture présent samedi, reste prudent : « La fête a été gâchée par une infime minorité. C'est aux organisateurs de nous dire s'ils veulent continuer, mais il faudra en tirer tous les enseignements pour que cela continue dans la sérénité ».